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 Nikita Belinski

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Date d'inscription : 05/05/2013

MessageSujet: Nikita Belinski   Sam 25 Aoû - 22:13

Les ANCIENS..
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Nikita

Russian leash

Nikita Belinski


 ➤Prénom(s) : Nikita ➤Surnoms: Nik', Niki, Nika ➤ Age: 25ans ➤ Date de naissance : 1er Novembre ➤Nationalité : Russe ➤Métier/Etudes: Pantin du gouvernement ➤Groupe : Raw ➤Groupe sanguin : B- ➤Rang dans le groupe : Successeur de l'ancien leader du groupe, considéré comme tel par certains mais non reconnu par d'autres ➤Situation familiale :  Célibataire, marié à la Russie sa cruelle mère patrie et froide amante ➤
Situation financière : Non dévoilée


The face of the moon was in shadow


 Nikita Belinski.

C’est un visage sans âge figé dans le temps sous une crinière aux reflets d'ivoires.  Une tendresse cruelle sur une gueule d'ange insondable où brille la malice d’un être diabolique. Une bouche mutine qui tapisse une voix rauque et chaude, brisée mais sensuelle. Native et froide.

D’un simple regard ce n’est qu’un homme banal, une allure qui ne laisserait pas présager sa place ni son rang. Sous ses habits sans éclats, sous ses yeux de ciel gris, ses ressources dorment. Son énergie s’économise pour le prochain éclat de violence, en repos d’ici l’effusion de sang. Et quand la décharge arrive, elle percute avec violence sans prévenir. Surprend les malchanceux.

C’est la courbe d’une musculature bien dessinée, douce aux doigts.  Douces et ferme à la fois, parce que la pauvreté forge l’esprit et la volonté d’en faire un outil de sécurité. Solide. Puissante et fidèle à la jeunesse qui regorge ses veines. Son corps est le toit d’une flamme qui palpite en silence, un coeur qui bat dans la lenteur de celui qui connait ses ressources. Niki est un prédateur endormis, un corps entrainé qu’on peut mal juger à l’affut. Caché sous ses tissus qui ne laissent rien présager du monstre qui peut se profiler sous la surface souple de ses membres juvéniles.  Porté par une large toison de muscles entrainés à engager le mouvement. C’est le passage d’un pays qui a abreuvé son corps de ses valeurs et l’exigence d’exercer un pouvoir qui le rend plus fort.  Ses coups ne sont exacerbés que la vitesse qu’il y met, traitres et bien placés. Ils brisent les os et casse toute mobilité. Tel un reptile à sang froid qui file sur sa proie, la rapidité à bout de bras avec violence bestial de celui qui saisit sa proie en utilisant jusqu’à la moindre parcelle des muscles dont il dispose. Niki est un ange mais un démon. Une force qui se cache dans ses entrailles et qui se nourrie de sa haine. Solide et délicat souple et pleine de la vie qui palpite en lui comme un feu sacré.


Love me gently & fuck me hard


 Nikita oublie dans le sexe, il oublie sa peine et sa souffrance et respire les draps de l’indécence. Il oublie toute innocence, en laissant les restes de son enfance. Il se réfugie dans la moiteur de ton corps et récite son poème. Artiste des coeurs et des souffles perdus. Doux mais pourtant violent. Désespéré mais passionné. Il se creuse contre tes reins à la recherche de cet espoir qui ne fait plus briller ses yeux, espérant te voir endormi dans son lit après une nuit. Il fume son angoisse et roule ses craintes dans un écrin de fumée, volutes de brume insondables. Suffisamment épaisses pour tapisser sa gorge enrouée. La fatigue imprégnée de vos ébats passés. Il brule son tabac comme il brule sa colère devenue poussière. Il se couche dans vos murmures et gratte le fond de vos yeux pour y trouver ce quelque chose, qui lui permet de s’y nicher. Nikita aime mais déteste. Il veut mais rejette. Partage puis reprend. Simple mais compliqué. Là sans être là. Contradictoire et désintéressé.

Esprit désinhibé, sans honte ni regret, consomme sa vie comme un force-né. Il aspire et happe chaque occasion comme sa Némésis. Ivre d’elle et de ses nuits. Si seulement il pouvait échapper à sa lente asphyxie. La mort plane sur son crâne tous les jours. La vie est si courte et lui, un grain de poussière dans la toile de l’éternité. Comment supporter sa lente déchéance. Comment supporter de se voir lentement avancer vers sa fin sans pouvoir chanter son début. Chaque seconde est à venir. Chaque seconde est passée. Et son angoisse rongée. Il n’est pas certain de pouvoir finir vieux un jour, il ne le supportera pas.

C’est aussi une franchise qui précède le mensonge. Une brise de vent qui séduit, un souffle qui se laisse apprécier mais qu’on ne peut saisir. Un futur sans avenir. Un délicieux mensonge. Un mirage qui t’attendait chaque jour au coin de rue, avec ce même sourire fané sur ses lippes. Il te faisait croire à cet avenir, créait l’illusion. Il réchauffait ton coeur par son silence, mais t’entaillait  une seconde plus tard. Tantôt adorable tantôt exécrable. Agaçant et pourtant obsédant. Oui, Niki murmure ses ronces, s’enroule dans ses roses puis fait tout à coup pleuvoir la pluie. Tel un maitre d’oeuvre, il caresse puis frappe, enroule les mots, les nappe de douceur et les laisse couler aux coins de vos lèvres, lunatique et instable. Enlacé et étouffé, coincé et libre. Humain mais objet. Espoir et désillusion.

Puis un jour Niki disparait dans le néant de votre vie. Sans un mot. Telle une étoile éclipsée par une nuit sans lune. Retourné à son monde de violence et de haine.  Complice de son propre tombeau, chef-d’oeuvre façonné par les artisans de ses racines. Ne reste alors que cette ultime saveur mêlée d’amertume, de doutes et de déception.

"Pourquoi ? Et qui était-il ?"

La vérité, lui seul la connait. Il te faudra probablement l’admettre : tu ne le connaitrais jamais. Il avait fait couler l’encre et le velours dans ta vie puis était reparti. Il ne t’avait pas choisis. Il était trop tard pour le rattraper, trop tard pour l’arrêter ou l’aider. Vie au gout de tragédie ou de dramaturgie. Résignée et savourée, acceptée mais pas tout à fait. Tu la voudrais différente que la vie te dirait d’accepter cette vérité, tristement aimée. Dans l’écrin de ses yeux bleus il y aurait toujours ces larmes invisibles. Un piège mortel. Il y a encore tant sous ses prunelles que tu ignores.

Ce que tu ne sais pas c’est que Nika à vendu son âme au diable il y a déjà bien longtemps. Le piège s’est refermé autour sa gorge pour le faire prisonnier dans ses filets. Niki est victime, et bourreau à la fois. Il a troqué sa famille pour une autre où les liens de sang ne sont fait que par le mot « Patrie ». Pour elle Nikita vend son corps, encaisse les blessures, et accepte les marques. Instrument de son Pays.

Tu n’auras plus que cette précieuse image de son sourire adorable au creux de tes reins, si précieux et rare sur ce visage insondable, tactile et dissolus. Tel un bonbon délicat qui tapissait la langue, il enrobait le palais de douceur avant de dévoiler son coeur : acide et amer, surprenant et méconnu. Nik’ est un amour fatal, séduisant et cruel. Une douceur qui enrobe et une douloureuse entaille. Violent et torturé.

Qui sait ce qui se niche dans ses entrailles. Seul lui le sait.


Life is a bitch and you suck it until death



Cry for help

— Écoutez Mme Belinksi, on ne va plus pouvoir le garder si vous ne payez pas, ça fait déjà trois semaines…
— Je suis désolée ! Mon patron ne m’a toujours pas payé, si vous pouviez juste attendre encore… 
— Non, vous avez dis la même chose la semaine dernière. Si vous ne payez pas l’échéance nous devrons libérer cette chambre.
— Je vous en prie, je ne peux pas faire autrement mais je payerais je vous le jure!

L’homme remonta ses lunettes sur son nez, agacé par les suppliques de la femme car l’hôpital aussi avait besoin de ces rentrées d’argent pour survivre. Eux aussi peinaient à entretenir ces malades. Il redressa la tête pour dépasser la femme dans une inspiration contenue.
— Les temps sont durs pour tous.
Nous aussi nous avons besoin de faire tourner ces lieux !
— Je sais, mais sans ça mon fils meurt !

L’homme se sentit frustré. Il lissa ses vêtement et prit le chemin du couloir d’en face, laissant la femme dans le doute. Il ne pouvait toutefois laisser quelqu’un dans la détresse.
— Je vous donne 2 semaines mais pas une de plus.
Cette dernière fondit en larmes de soulagement devant une réponse qui semblait la libérer d’un grand poids mais seulement pour quelques jours.
— Spasiba ! Je payerais vous verrez !

Tout à commencé ce jour là, devant la vision de sa mère suppliant pour un peu de temps. Délicate et fragile. Abimée par la vie comme jamais elle n’avait été. Ses mains devenues trop pâles et maladroites, peinant à appuyer ses propos. À ce visage dont les traits si beaux trahissaient une fatigue profonde. Et lui dans le reflet de ses yeux se sentait honteux de ne rien faire. Où était passé ces moments de joie et ces sourires rassurants ? Ce soir là Nikita se mit à réfléchir longuement. À remettre en question ces derniers mois de vie, étendu dans les draps de son lit, le regard fixé au plafond.


Lost in the deep

Niki venait de joindre ses amis sur le canapé. Ils discutaient de tout et de rien comme des adolescents insouciants et si jusque là il avait été de leurs univers, cette fois ce n’est pas son sourire qui accompagnait leurs échanges mais l’ombre des doutes qui hantaient ses yeux. Des songes d’adulte loin de ce qu’ils avaient pour habitude d'aborder. Alors qu’ils parlaient de leurs dernières trouvailles dans les ruelles de Pravoch, Jalko secoua un peu la cuisse de son ami de toujours en le voyant qui ne participait pas à la conversation.
— Bah alors Nik ? T’es avec nous ?
Le regard de ce dernier fouillait le sien pour chercher à lire plus attentivement dedans. Ce dernier releva son visage pour sourire.
— Da, j’suis juste un peu fatigué.
Il fit mine de revenir à la discussion mais aucun sujet ne parvint à chasser ce qui le hantait. Peu importe qu’ils parlent de leur situation familiale, la sienne avait atteint le fond et il ne se sentait pas de plomber l’ambiance en leur annonçant de but en blanc ses plans pour la suite. Fin de soirée il profita d’une accalmie pour tirer une clope du paquet abandonné sur la petite table du salon et s’esquiva dans la cuisine pour fumer, les bras croisés, la hanche appuyée au plan de travail. Jalko le rejoignit pour fermer la porte derrière lui.
—  Bon qu’est-ce qui va pas Nika ?
— J’suis dans la merde.
— Quoi encore l’électricité que vous pouvez plus payer ?
— Non pire que ça, des dettes qui s’accumulent. Quand j’rentre je trouve du courrier sur la table de lettres d’impayées…
— Ah…
Son ami paru embêté deux secondes avant de retrouver son éternel sourire. Il ne réalisait pas toute la délicatesse de sa situation ou alors il voulait faire semblant de la minimiser.
— J’suis sur que tu vas trouver un moyen pour payer ! Fit-il le sourire aux lèvres.
Nikita roula des yeux dans un soupir exaspéré. Il pensait comme les autres fois qu’il serait assez malin pour trouver de quoi s’en sortir, que ce ne serait rien qu'un détails qu'ils auraient bientôt tous oublié.
— C’est pas pareil cette fois.
— Qu’est-ce que tu racontes ?! T’as toujours réussis à tout gérer ya pas de raison que ça change.
— Jalko… j’vais faire un truc que vous allez pas aimer
dit l’adolescent au regard fuyant.
Le concerné fronça les sourcils en lui prenant l’épaule.
— Quoi ? Dis pas des choses comme ça… Qu’est-ce qui se passe ?
Nikita lui repoussa la main pour s’écarter de lui.
— J’te dis que j’suis dans la merde ! De toute façon tu peux pas comprendre.
— Explique moi Nika !

Mais Nika savait que ça n’irait pas. Il ne pouvait pas leur dire ce qu’il prévoyait de faire, il ne pouvait pas leur avouer ça. Et alors qu'il allait répondre Mastrich qui avait entendu sa voix s’élever dans la cuisine fit irruption en les dévisageant tous les deux tour à tour.
— Bon t’as finis d’emmerder notre Nik ?! Laisse le un peu tranquille. Kalov te demande au salon alors va te faire sentir ailleurs Jal'
Jalko soupira et roula des yeux avant de quitter la cuisine en laissant les deux autres. Mastrich approcha du blond maintenant qu’ils étaient seuls. Ils n’avaient pas eu besoin de parler pour savoir ce qui se passait. Mastrish le connaissait trop bien pour qu’il puisse lui mentir.
— Tu sais bien que Jal’ essaye d’aider à sa façon… Lui en veut pas.  Quoi que tu fasses on sera toujours de ton côté Nika.
Ces paroles lui arrachèrent un faible sourire. C’était bête, et il le savait, mais Mastrish trouvait toujours les mots pour le calmer.

Tout irait bien. Et même si c’était faux il devrait faire semblant que oui.

Matter of money


Plusieurs jours durant Vadim avait vu ce gosse trainer pas loin d’eux. Il avait l’air hésitant et un peu fou pour vouloir les approcher si près. Sans doute désespéré de se faire remarquer. Au  départ il n’avait pas fait attention mais lorsqu’un soir le gosse l’avait intercepté il n’avait pas pu l’ignorer. Un jeune homme bien fluet campé sur ses jambes d’adulescent en devenir qui se présenta au géant qui recrutait les Raw. Ce dernier l’avait observé avant de hausser un sourcil. Il lui avait demandé pourquoi un enfant comme lui voulait se mouiller pour une vie si noire. Niki s’était contenté de hausser les épaules et de répondre.
— J’ai besoin d’argent.
— Mais sais-tu qui on est au moins ?
— Oui, c’est pour ça que je suis là.

L’autre homme l’avait alors dévisagé. Il y aurait eu d’autres solutions que de venir dans la gueule des Raws offrir son joli cul de blanc bec. Tellement d’autres solutions. Mais si le petit avait la détermination… Alors peut-être pouvaient-ils lui concéder une place.
Réfléchis bien. Si tu rentres dans ce milieu tu n’en sortiras plus. Tu ignores tout de nos règles. Quel âge tu as ?
— 16 ans.

Il n’était qu’un gamin. Un gamin avec un avenir incertain marqué par la pâte du gang à la condition qu’il ne meurt pas. Mais Nikita n’imaginait pas comme un geste si banal pouvait être si lourd de conséquences du haut de ses seize ans. Tout ce qu’il voyait c’était l’urgence de faire rentrer de l’argent. Ça faisait des semaines qu’il ne mangeait presque plus parce que tout passait dans les économies des frais médicaux de son frère.
— Tu es trop jeune. Si tu restes tu seras considéré comme notre petite putain. Tu devras faire tout ce qu’on te dit et ne contrarier personne. Tu comprends malen’kiy ?
Nikita répéta.
— J’ai besoin d’argent.
Vadim aimait bien la lueur de ses yeux. Elle ne fléchissait pas. Il l’aimait bien même s’il n’était pas sur que ce gosse sache ce qui l’attendait.  
— Si tu es aussi déterminé que ça retrouve moi dans trois jours au même endroit.


Here I am

Trois jours plus tard le blond se tenait contre un coin de mur, les mains dans les poches, le visage insondable flanqué de ces mêmes yeux vifs. Vadim le jaugeait toujours, incertain, mais ce gamin inconscient ou non avait fait son choix et s’il voulait risquer sa vie ce n’était pas son problème. Il se demandait comment cet ado si petit et si svelte arriverait à s'en sortir. Après tout, il était venu se frotter aux pires d’entre tous. Il pouvait desceller ses côtes saillantes et son probable estomac creux. Qu’est-ce qu’il avait bien pu faire pour en arriver là ? De toute façon peu importe, s’il ne survivait pas au gang il ne pourrait rien pour lui.
— C’est quoi ton nom ?
— Nikita mais vous pouvez m’appeler Nik’.

Le géant ne répondit pas mais lui fit signe de le suivre. Le jeune homme lui emboita le pas sans plus de cérémonie, avant de voir le bout de papier que lui tendait le colosse.
— Tu iras à l’adresse que je t’ai donné, tu diras que c’est Vadim qui t’envoie. Tu feras le service de chambre et tu commences dès demain.
Sur ces dernières paroles il avait disparu dans la nuit en le laissant avec cette adresse entre les doigts.

Nik' avait prit sa décision. Il était temps pour lui de prendre le rôle qui lui revenait de droit en tant qu’ainé et seul homme de la famille. Il n’était plus question de ne rien faire et de voir sa mère s’écrouler sur une chaise tremblante de fatigue. De discerner ses yeux baignés de larmes quand elle se croyait seule pour pleurer dans le noir. Dans cette vie devenue plus cruelle, chacun payait son tribut. À présent était temps de payer le sien.

Deux mois passèrent alors qu'il s'était rendu au dit hôtel avec en tout et pour tout qu'un sac d'affaires. Il y découvrit les coulisses d’un univers qui n’était pas le sien mais qui ne tarderait pas à le devenir. Il lui arrivait constamment de surprendre ces putes glissées sous les draps contre un mafieux endormis dans une pièce qui puait la sueur et le sexe. Sans compter les fois où il avait été jugé indésirable de ces « clients » peu communs qui s’étaient agacés de le voir débarquer. Des putes ou des corps sans vie quand la chambre avait été la scène d’un règlement de compte. Il se souvient particulièrement bien de la première fois où il avait perçu un corps sans vie encore à moitié étendu sur le lit, noyé dans des draps maculés de sang. Il se souvient de ce regard fixe sans lueurs.

« Mais à quoi tu t’attendais ? » lui avait répété une petite voix dans sa tête.

Newcomer

Vadim quitta son bar pour approcher d’Aleksei et s’assoir face à lui, une jambe relevée sur l’autre. Il tira le verre de vodka de son autre d’un doigt puis saisissait la bouteille sur la table pour s’en verser une lichée. Babayaga ne daigna pas lever les yeux sur lui, plongé dans la lecture d’un article relatant l’explosion d’une centrale apparemment prêtée une action étrangère même si lui savait la vérité du fond de cet article. Vadim voyant que ce dernier ne lui accordait pas l’once d’un regard se pencha en avant et tendit les doigts pour lui subtiliser son cigare.
— Alek’. J’ai à te causer.
Ce dernier releva les yeux sans ciller, rehaussa un sourcil dans l’attente d’une réponse. Vadim suspectant l’homme de n’écouter que d’une oreille tira un coup sur le bijou cubain qu’il tenait entre ses doigts. Aleksei devinait qu'il le faisait patienter pour lui titiller le système et il y parvenait bien.
— Alors ?!
— On a une nouvelle recrue. Occupe-t’en.
finit-il par dire d’un large sourire en venant s’appuyer contre le dos de sa chaise. Forme le à nos règles et fais en un des nôtres. Je veux qu’il comprenne où il est et à qui il appartient.
— Et pourquoi je ferrais ça ?!
— Parce qu’avec toi je suis sur qu’il apprendra.

Babayaga bougonna dans sa barbe avant de jurer et le concerné lui offrit un de ses sourires goguenard, avant de lui retendre son cigare. Aleksei le prit sèchement pour le coincer à nouveau entre ses lèvres. Qu’est-ce qu’il avait besoin d’un sale gosse entre ses pattes franchement.
— Qui ?
— Un petit nouveau de l’hotel, tu le remarqueras vite avec ses yeux pâles et sa gueule d’ange.
Sur ces mots Vadim termina sa vodka cul-sec, lui tapota l’épaule et le laissa seul avec son journal et ses interrogations. Aleksei plissa les yeux, replia son journal et le déposa sur la table. Une gueule d’ange hein ? Peut-être bien qu’il l’avait déjà croisé au détour d’un couloir et si c’était bien celui à qui il pensait et bien il allait vite comprendre où il avait mit les pieds.

Day one : Rape

On ne lui avait rien dit de plus sinon qu’il devait se rendre dans cette chambre et faire ce qu’on lui disait. Nikita ne s’était pas posé de questions. Il était entré pour découvrir au milieu d’une pièce un lit immaculé aux draps blancs devant deux hommes en tenues de dominateurs. Au fond, un géant flanqué dans son fauteuil de cuir qu'il n'avait jamais vu avant, et deux caméramans. Ses petits yeux acérés le fixaient. Son visage fendu d’une cicatrice le rendait peu commode.
— Déshabille-toi, le tournage va pouvoir commencer.
Dès lors ses opales alternèrent entre les silhouettes qui se tenaient devant le lit et les caméramans. Ils échangèrent entre eux un regard entendu mais avant qu’on ai pu esquisser un geste Niki se précipita sur la poignée de porte pour l’ouvrir. Cette dernière le lui refusa. Elle était verrouillée.
— Pizdiet !
Mortifié de comprendre ce dans quoi il allait être mêlé, le jeune homme lutta de toutes ses forces lorsque les mains rugueuses et puissantes se refermèrent sur lui. Il comprenait mieux pourquoi Vadim ne lui avait rien dit. S'il avait su jamais il n'aurait passé cette porte. Plus encore lorsqu’il se sentit jeté contre ce matelas qui bientôt s’imbibait de ses larmes.

Le pêché de chair commis, il se retrouva seul avec la sensation d’avoir été perforé de l’intérieur. Au pied du lit, le reste de ses habits détroussés jetés sur le sol comme dernière preuve de ce qui s’était joué ici. Et lui allongé en plein milieu, noyant dans les fluides qui le couvraient encore. La saveur du sexe imprégnée sur sa langue et dans ses tripes avec la sensation des reins qui claquaient contre sa bouche et son cul. Les caméramans avaient rangés leurs affaires et ce qui avait été ses « partenaires» s’essuyaient, déjà prêts à quitter les lieux. Le moment avait paru une éternité. Il n'avait même pas été prévenu se disait-il en regardant le mur. Ses doigts tremblant vinrent se réfugier dans ses cheveux quand il sembla se souvenir de la présence du géant resté tout ce temps à l'observer. Ses yeux épuisés tombèrent dans les siens, trahissant leurs pensées et le russe ne manqua pas de répondre à ses accusations muettes.

— Tu peux me détester, Malen'kiy. Mais quelque part tu savais quand tu as rejoint la confrérie que tu allais en baver. Tu sais maintenant comment tu t'es vendu : comme une pute, Malen'kiy Der'mo. T'as plus qu'à montrer comment tu rugis et montre les crocs. Mais avec moi tu risques de très vite avoir mal à force de te heurter à un mur. Je te revois demain, même heure, même lieu.

Après les hôtels et les putes, il aurait pas du s'étonner. Mais payer de son corps. On lui avait volé sa première fois. Il essuya ses larmes de colère, mortifié d'apprendre que cela reprendrait le lendemain et attrapa ce qu'il trouva sous ses mains pour le jeter contre le mur. Seulement après parce que ses jambes ne le tenaient plus il s'effondra sur lit pour dormir, enroulé dans les draps.

C’était ainsi qu’il avait connu pour la première fois Aleksei Rasnikov. Celui qui fut sa perte. Son Mephistopheles. Bourreau et maitre de renaissance. Éminence grise et futur serviteur. Instrument de sa déchéance, fidèle et dévoué. Une bête de sang insensible à la douleur et à toute morale. Un homme complexe et solitaire difficile à cerner, revêche à la nouveauté mais pourtant effroyablement efficace et dont il finirait fatalement par devenir proche.


Day two : Murder my innocence

Au lendemain de cette terrible journée quelle ne fut pas la surprise du géant lorsqu’il le retrouva endormis le lit de ses sévices. Ce n’était pas ce que le russe avait prévu. Il aurait mieux fait de fuir. Il aurait du fuir. Mais il était resté, enlacé dans les draps mêmes qui avaient recueilli sa virginité. Finalement, peut-être qu’il pourrait faire quelque chose de ce gamin et de son regard. Pour l’heure il était bien décidé à lui faire poursuivre son entrainement. En entrant il avait déposé un tas de linge propre sur le coin du lit. La fumée âcre de son cigare enveloppait la pièce d'un nuage cotonneux qui vint bientôt tira le bel endormis de son sommeil.  

Nikita ne lui prêta qu’une attention moindre jusqu’à réaliser sa présence entre ses cils. Il se redressa brusquement et repoussa les draps du lit. Combien de temps avait-il dormit ? Niki chercha une montre du regard et tenta de se lever hors du lit. Sauf qu’il vit le géant fondre sur lui. Il ne parvint pas s’esquiver, ni à masquer sa stupeur quand il l'attrapa avec tant de facilité pour le plaquer au mur, au dessus du sol. Le plus jeune tenta quelques gestes pour le repousser, pas bien efficace contre la poigne de Babayaga. Il sentait encore le bizutage de la veille entre ses chairs et la crainte de cette poigne trop forte pour lui.
— Niet svoloch’ cracha-il en le défiant du regard.
— Trop tard pour t’enfuir !
Et sur ces mots il le jeta sur le lit.
— Habille-toi maintenant et suis-moi.
Aleksei allait lui montrer leurs méthodes, et ce qui arrivait aux traitres de la maison. Ainsi le géant l’emmena dans des dédales bien plus sombres et isolées, aux sous-sols pour laisser au plus jeune le loisir de découvrir une silhouette déjà en peine ligoté à une chaise pleurant et suppliant pour qu’on l’épargne. Il comprit que les choses sérieuses allaient commencer. Bientôt le géant lui demandait de choisir son instrument. De crever cet oeil désespéré qui le suppliait pour un peu de bonté. Une bonté qu’il ne pouvait avoir.
— Niet je peux pas… [/i]
Mais Aleksei le dissuada de discuter d’avantage en plantant son couteau dans la main de l’homme. sans une once de considération. Il lui désigna un plateau d’instruments.
— Fais-le ! Tempéta-il sous les cris assommants de la victime qui se tordait de douleur à mesure que sa main se couvrait de sang.
C’est ainsi qu’il se retrouva avec un scalpel en main, à se racler la gorge, l'air peiné. Il parcouru la salle du regard à la recherche d’une échappatoire mais non c’était bien là, entrain de se faire. Ce n’était pas un rêve duquel il allait se réveiller. Résigné, il approcha de la victime et tenta de lui faire tendre le visage mais ce dernier secoua la tête de droite a gauche peu coopératif. Alors Niki grogna. Il n'avait pas le choix, ce n'était pas possible de faire autrement !
— Pozhaluysta fit-il tout bas en lui attrapant le visage d'un bras pour le caler contre son torse. L'air déjà abattu il regarda encore une fois Aleks, comme s'il attendait qu'il lui dise stop ou qu'il plaisantait. Une parole qui ne venait pas. La main tremblante Niki avança la pointe du scalpel pour tenter de lui percer l'oeil seulement… Cette dernière glissa sur la surface lisse et humide pour vriller dans la paupière de l'homme qui poussa un râle de douleur. Bientôt son oeil s'imbiba de sang. Le jeune homme ouvrit la bouche en voyant son échec devant les tremblements grandissant de sa futur victime.
— Bouge pas !!!
Sauf que l'homme s'agita de plus belle et il eu un geste plus fort qu'il n'eut voulu et répété, de planter la lame dans son oculaire dans sa panique. Le bruit qu'il entendit semblable à une cloque qu’on éclate, le liquide qui lui jaillit au visage lui fit pousser un cri de dégout et dans son dégout le blond laissa le scalpel planté dans l'oeil de l'homme, forcé de reculer. Il sentit la bile lui monter aux lèvres et il s’écarta pour aller vider le contenu de son estomac un peu plus loin. Aleksei prit le relais pour se charger du traitre dont il ramena bientôt les enfants tout en laissant la recrue se remettre de ses émotions. Un de 6 ans, et un autre de 12 ans. Il jeta le plus jeune qui alla se faufiler dans un coin, et garda le plus âgé près de lui, le maintenant par la nuque et le forçant à avancer en voyant le visage de leur père se décomposer, passer de la peur à l'angoisse puis au pardon avant de supplier le croque mitaine de les épargner.
— Pitié ! Pas mes enfants, je vous en supplie Babayaga ! Pas mes enfants ils n'ont rien fait! Pitié !
Concerné qui commençait à s’agacer de ses suppliques.
— Regarde ton père me supplier de t'épargner Rebenok. L'erreur qu'il a faite ne le sauvera pas. Mais toi tu peux changer ça. Prends ce couteau.. Il lui montra le couteau de cuisine sur la table près de son père. Et fais le tairre!
Mais ce dernier s’y refusa et préféra se réfugier dans les bras de son paternel. Aleksei à bout de patience termina alors de lui-même le travail en tirant balle entre les deux yeux sous le regard bouche bée de Nikita dont les yeux restèrent scotchés au crâne qui venait d’éclater avec tant de violence, au sang qui venait de jaillir, aux cris du petit garçon et à la détresse qu'il put sentir tout près de lui devant le presque cadavre du père. Niki blêmissait à nouveau, et ses yeux restèrent fixés au corps inerte. Dans sa respiration lente, il lança un regard acéré vers Alex et attrapa un couteau sur la table d'instruments pour le lancer en direction du géant, trop en colère pour ne rien dire. Il l'insulta de plusieurs noms, les yeux palpitant de colère.
— Comment tu peux faire ça ? Tu es un monstre !
— C’est ce qui attendent tous les traitres à la confrérie. Que ça ne te plaise ou non, c'est mon travail de faire comprendre à tous que nous ne tolérons pas ceux qui cherchent à nous marcher dessus. Et toi aussi tu vas apprendre. Tu dois comprendre que plus jamais tu seras le même sinon tu finiras comme lui avec une balle dans la cervelle !



Day three : Roses are red

Trois jours cela dura.
Le premier un viol pour le désensibiliser de son propre corps.
Le second un avertissement pour lui montrer ce que devenaient les traitre.
Et le troisième un meurtre à perpétrer pour mieux leur ressembler.

Cette fois les fleurs de sang avaient éclos sur ses doigts et les draps comme un champ de fleurs venues orner sa peau. D’un rouge pourpre chatoyant et consistant, si intense et terrifiant. Un balais d’éclosions et de jet qui l’avait aspergé. Une teinte qui couvrait à présent ses lèvres d’un délicat par terre rouge dont il s’imprégnait, qui s’insinuait jusque sa langue. La toile vierge s’était peinte. Et elle dépeignait désormais un sinistre tableau, un piège mortel. Depuis des jours sa peau se creusait sur ses os. La faim le fuyait à toute jambe, comme si son propre corps ne voulait pas accepter cette transformation, mais la vérité c’était que son cerveau dérayait. On lui avait dit de se laisser baiser par un homme qui avait le gout des braises abruptes. C'était ce qu'il avait fait. On lui avait dit de tuer et Nikita avait tué. À la fin, il n'y avait plus que ces mains resserrées sur son cou, pressées contre sa gorge et le poids d'un cadavre égorgé pressé contre le sien, son membre encore logé au fond de ses entrailles.

Le seul bruit qui lui parvenait encore aux oreilles c'était le bruit paniqué de son coeur et le grouillement d'angoisse qui raisonnait dans ses entrailles vides. Il n'avait pas supporté bien longtemps le corps de cet étranger contre le sien. Il n'avait pu retenir ses larmes. Ça c'était passé alors qu'il était sur le ventre, les mains sous le coussin. Ses doigts avaient sentit la froide morsure d'une lame contre leur chair. Et il ne lui en avait pas fallut plus pour comprendre. Nikita en avait profité pour la saisir en comprenant qu'elle n'était pas là par hasard et il l'avait plantée sans réfléchir dans la trachée de l'autre. La sensation au bout de sa lame d'une peau qui ploie, l'expression de l'homme nu dressé sur le sien, et bientôt le sang qui jaillissait parce qu'il venait de toucher sa jugulaire. Cette sensation là l'avait bouleversé. Dans cette pseudo lutte il put voir son autre se vider de son sang.

C'était donc cela, une véritable vision d'horreur. Niki resta immobile avec le corps de l'homme couvrant le sien, le souffle rauque, les larmes aux yeux de l'air qui lui manquait. Quand Aleksei posté dans une chambre à côté jusqu'ici débarqua peu de temps après pour le débarrasser du corps, se sont des yeux écarquillés qui se posèrent sur lui. Il n'osa pas regarder vers lui, ni sur le cadavre. Le choc avait été trop grand. Trop violent. Ses cuisses tremblaient. Le blond cherchait son air sous le poids du corps qui l'avait étouffé.  

— Korosho, Rebenok. Tu as réussi ta première mission. Lui avait-il dit.

Il se contenta de rouler de côté pour se prendre les bras, se recroquevilla sur lui-même, la gorge  nouée et la voix trop cassée pour qu'il puisse répondre. Cette réussite n'avait aucune saveur et se dire qu'il baignait dans ce sang qui lui trempait les doigts le paralysait. Pourtant dans cet instant d'horreur et d'effroi Aleksei eu un drôle de geste. Il le couvrit de sa veste avant de le soulever pour l'emporter dans la chambre voisine. Ce qu’il ne savait pas ? Que c’était dans cette même chambre quelques minutes plus tôt encore qu’Aleksei avait jouit dans la bouche d’une de ses filles à l’entente de ses cris de détresse.

Au contraire, dans l'éclat de ces ténèbres naissant le plus jeune éprouva alors un besoin irrémédiable de chercher la force qui le quittait dans la poigne du colosse qui le soulevait. Niki lui attrapa le cou quand il voulu le relâcher pour le forcer à rester contre lui. Peu importe du moment qu'il l'avait détesté ou que c'était celui qui lui faisait faire toutes ces choses immondes, là tout de suite Nikita avait besoin de sentir sa poigne pleine d'assurance, quitte à s'en faire broyer mais que cela dure quelques instants. Juste un petit répit, quelques minutes de plus avant qu'il ne parte et le laisse avec la femme qu'il eut du mal à écouter parler.

Le choc traumatique avait été marqué. Cette fois-ci ce fut plus long pour qu'il se ressaisisse. Nik eut froid, même en étant appuyé à cette inconnue de la chambre d'à côté. Il se sentait dépossédé de lui-même depuis l'instant où il avait percé cette gorge. Ses yeux trouvèrent le géant resté non loin deux, le fixait, l'air de lui parler.. Arriverait-il à aller au dessus de ça ? Hein ? Est-ce qu'il arriverait à se sentir mieux ? Il le supporterait ? Il ne semblait y avoir que cette main dans ses cheveux qui parvenait à le rassurer ou peut-être à lui faire garder pied avec la réalité. Il ne vit pas réellement le temps passer, mais quand enfin après sa longue léthargie il se sentit tout doucement revenir à lui il battit de l'oeil en silence, la respiration calme. Il se redressa lentement sa voix monocorde.
— Je vais aller me laver.

Sacrifice

Niki se passa une main sur le visage en regardant le miroir avant de tirer ses cheveux en arrière. Son reflet était pâle ces derniers jours. Il se demandait s’il avait fait le bon choix en s’engageant auprès des Raws. Mais avait-il vraiment eu le choix ? Sa mère et son frère étaient perdus sans lui. Non définitivement, peu importe combien ça le rebutait. Il n’avait pas le choix.C’était à lui de porter cette croix de bois. Il n’avait pas le luxe de refuser la seule chance qui lui permettrait d’offrir la sureté aux siens. Sa véritable famille dont il subvenait aux besoins. Le sacrifice toutefois était difficile. Petit à petit tous les pans de son âme lui étaient volés. Ses yeux détaillaient son corps fatigué dans le reflet de la glace. Il était parcouru de bleus et chaque geste soulevait en lui des courbatures. Sans parler de cette douleur lancinante à chaque pas venue de ses lunes. Niki se sentait mal tout court. Comme s’il allait vomir son mal être d’une seconde à l’autre. Il commençait à flancher. Dans le coin de ses yeux quelque chose le piquait, lui brouillait la vue. Il baissa la tête pour couvrir son visage de quelques mèches blondes retombées dessus. Dans ses sanglots étouffés il pressa sa main contre ses yeux pour en essuyer les larmes. Ça n’allait pas aller mieux comme le disait Jalko. Rien n’irait jamais plus et il serait seul pour affronter tout ça. Il ne pourrait plus confier ses peines à Mastrich qui le comprendrait ni ne pourrait tout oublier en sortant aux côtés de Kalov, peut-être celui dont il était le moins proche finalement.

Il n’aurait personne d’autre que lui-même pour affronter Aleksei, Vadim, et tous les autres.
Il n’y aurait plus que ces monstres de sang pour hanter ses nuits et surveiller chacun de ses gestes pour mieux le faucher au premier pas de travers. Que lui restait-il encore sinon que de se perdre dans le cauchemar de leur vie devenue sienne? Il fallait être réaliste. Ça ne pourrait qu’aller de mal en pire et lui devrait se tenir à la parole qu’il avait donné.

Il était piégé.


Disease

Belinski entra dans la pièce aseptisée d’un pas hésitant. Au milieu de cette dernière, couché sous les draps, le corps endormit de son frère. Il était devenu si pâle. Niki s’avança pour tirer un fauteuil à ses côtés. Ses yeux bleus se perdirent sur sa peau devenue cireuse. On aurait dit que la moindre caresse aurait pu l’effriter. Elle était devenue si fine. Sa vue soulevait toujours en lui un amas de sentiments indescriptibles. Il l’avait vu se dégrader au fil du temps.  Passer d’ado en chair à celui de malade aux os creusés. Et dans le silence post mortem de la chambre blanche, il pouvait s’attarder sur les moindres détails de son anatomie comme pour se familiariser à la maladie. Une maladie qu’il avait vu gangrener son frère. Il glissa une main jusque la sienne pour la serrer dans sa paume.  Dans quelles méandres pouvait-il se perdre, que voyaient ses yeux sous leurs pupilles closes ? Les doigts de Nikita se décalèrent jusque son visage avec une infinie douceur. Écartèrent les quelques mèches qui lui barraient le front.

Savait-il ce que son état demandait à leur mère ? Quels sacrifices ils avaient du faire ? Peut-être valait-il mieux qu’il ne se réveille jamais se disait-il parfois dans l’abîme de ses pensées sombres. Ainsi il ne serait ni l’épuisement de sa mère, ni ne constaterait ce qu’il était entrain de devenir. Dans cette chambre il y resta de longue heures à contempler ce petit frère qu’il veillait comme la prunelle de ses yeux. Tu sortiras bientôt lui répéta-il souvent sans savoir si sa voix se faisait un échos vers son esprit endormit.

Nikita aurait aimé resté coincé dans cette chambre à le veiller pour l'éternité avec la vue du soleil couchant passant par la fenêtre qui réchauffait sa peau devenue glacée sur un monde figé.

Flew, you fool

Ce soir là tout le groupe fêtait une belle victoire. Filles, stupéfiants et autres consommations étaient venues agrémenter une soirée noyée dans la débauche d’âmes enjouées partageant leur victoire. Quand certains baisaient sur le canapé, d’autres échangeaient un baiser humide avec entre deux langues enlacées un petit caché rouge. La musique avait fait vibrer les murs, les basses noyé les tympans de son rythme fracassant et avait plongée ses âmes dans une transe incontrôlée. Les corps avaient ondulé, les cris raisonné et la joie s’était faite euphorique. Pourtant à l’écart de cette dernière, l’ombre d’un regard aussi pâle que le ciel scrutait les derniers éveillés pour guetter le moment opportun. Il avait attendu toute la soirée le moment pour partir.

Nika profita qu’ils soient tous à moitié sous par la vodka qu’ils avaient avalé pour prendre ses affaires et quitter en douce l’entrepôt qui leur servait de QG. Ça faisait déjà deux ans qu’il avait servit la cause des Raws pour aider sa mère à payer les frais médicaux de son frère. Il n’avait jamais pu revenir chez lui plus d’une nuit ou deux. Mais cette nuit il avait décidé qu’il pourrait rentrer, de ne plus jamais revenir.  Dans sa précipitation il avait fourré toute ses affaires dans un sac, avait prit le soin de ne faire aucun bruit et avait disparut dans la nuit, le cuir de ses bottines claquant le sol d’un pas pressé. Plus vite il serait parti mieux il se porterait et plus il serait loin d’ici mieux il vivrait. Il en avait finit avec cette vie, avec eux. Il voulait redevenir l’enfant Belinski de Pravoch. Qu’on lui épargne le destin sans avenir qui se dessinait peu à peu sous ses yeux. Il voulait rêver. Retrouver Jalko et son sourire idiot, Kalov pour ses désinvoltures et Mastrich pour ses crises colériques qui finissaient pourtant toujours par se calmer.  Pouvoir enlacer sa mère et reprendre tout ce qu’il avait laissé derrière lui en les quittant.

Pourtant, dans la pénombre en croyant partir il n’avait pas vu le regard d’Aleksei le suivre. Ce dernier l’avait regardé sous son oeil endormis en l’entendant partir mais ne chercha pas plus. Pas ce soir là. Il était bien trop bien enlacé entre les corps étendus contre lui après une belle partie de jambe en l’air sur ce grand lit capable de tous les accueillir.

Le lendemain et les jours suivant le blond ne refit pas surface. Vadim semblait guetter son retour. depuis son bar, le regard presque soucieux. Aleksei allait devoir se débrouiller pour le retrouver via ses contacts du FSB. C’est par ce biais qu’il apprit pour le burn out de sa mère et surtout au sujet de son frère hospitalisé. Ça lui avait arraché un sourire sardonique. Ce serait l’occasion pour lui d’aller jouer les docteurs et de lui créer un souvenir qu’il ne serait pas prêt d’oublier. Il était certain que Nikita finirait par venir lui rendre visite. Et il n’avait pas tord.

Belinski avait passé ses journées loin à vagabonder dans les parcs et à coucher les bancs la nuit. Il avait constamment eu peur d’être épié, avait surveillé ses pas pour qu’aucun Raw ne le suive jusque l’hôpital en prenant ses précautions sur la route pour regagner la chambre du concerné. En entrant son sac d’affaires à la main, ses yeux surprirent ceux d’Aleksei. Il n'avait pas pensé qu'on le retrouverait, pas imaginé qu’on le cueillerait ici. L’ours avait préparé toute une mise en scène avec une paire de lunette, glissé dans sa blouse de docteur avec dans la main… Le dossier médical de Lev.. Pas le temps d’en dire plus que deux poignes le tirèrent à l’intérieur de la chambre pour la refermer derrière lui. Il put entendre le froissement métallique des stores qu’on venait de fermer. Aleksei le regardait paisiblement depuis son fauteuil au côté du frère plongé dans le coma. Nik’ sentit son coeur rater le coche. Il plissa ses paupières quand Aleksei levait une main jusque la machine respiratoire de Lev. Tous les muscles de son corps se tendirent comme désireux de venir l’empêcher d’approcher plus de lui.
— Privet, Malen'kiy. Ca faisait longtemps qu'on t'avait pas vu. Où t’étais passé ?
Il émit une pause.
—  C’est ton frère? C'est triste ce qui lui est arrivé...
Il feuilleta son dossier d’un air nonchalant.
— D’autant plus triste avec ce qui va lui arriver par ta faute Malen'kiy... Tu t'es engagé à être des notres. Tu crois pouvoir partir comme ça sans donner de nouvelles? Tu es naïf.
— Le touche pas Aleksei ! Siffla le plus jeune.
Il aurait du se douter qu'Aleksei aurait agit comme ça, comme du fait qu’en quittant les Raws il y aurait forcément eu des conséquences. Peut-être l’avait-il su à l’instant où il était parti, ça n’avait pas suffit pour l’arrêter. Au nom de la liberté même des plus brèves il avait préféré tout risquer.

Peu déterminé à se laisser intimidé l’adolescent lutta comme un beau diable contre la poigne exercée sur ses bras. Tout à coup ses lèvres se fendirent pour libérer un hurlement pour alerter les personnels soignant, les yeux colériques. Sans parvenir à se défaire de la poigne qui se rafermissait Aleksei se leva pour tirer une seringue et un flacon de sa poche pour le préparer. Nikita dont la pupille passa brièvement dessus se mit à frémir en s’arque boutant de plus belle.
— Idi nia houille (va te faire foutre) !
Aleksei approcha et sans prévenir lui piqua le bras pour lui introduire un liquide dont il ignorait les effets jusqu’à ce qu’il se sente devenir pâteux. Ses forces le quittaient et bientôt le monde vacilla.

Il n’avait pas ce même esprit tordu que le leur, ne s’était pas imaginé être pourchassé jusqu’ici, pas pour une tête aussi insignifiante que pour la sienne.

Ses doigts habiles passeraient le pourtour de leur cou dans une délicate caresse, soulevant sous la texture de sa peau de délicats frissons et sans qu’ils ne le voient, il leur passerait chacun ce collier qu’il sanglerait pour mieux s’y lier. Joindre leurs chaines pour que s’il coule ils tombent avec lui. C’est ainsi que les liens Russes sont fait et lui fera régner son esprit sur le groupe l’esprit d’Urkas en appliquant les directives du gouvernement en parfait instrument. Lui, avec ses frères prêts à lui couper la gorge d’une fine lame si trahison il venait à y avoir.

Pardon d’avoir voulu exister.



 ➤Particularités physiques :  Artères du nez trop fines qui donnent couramment naissance à des hémorragies. Nikita saigne du nez pour tout et rien, sans coup particulier, par temps de chaleur souvent.
Comment voyez-vous les clone ? : Des humains améliorés pratiques vous dirait le leader.
Justice ou délinquance ? : Il n'y a ni justice ni délinquance sinon que la vie elle-même.
Une tolérance vis à vis des autres ? : Aussi conciliant que que cruel si l'ordre est donné.



Me myself and I


nikifichePseudo: Amaranthe/Requiem
Comment as-tu connu le forum ? Par la grâce de dieu. *joke*
Quelque chose à dire ? Quelque chose
Plus trame ou relationnel ?  Relationnel mais trame pour
ce perso aussi
Es-tu un ancien ? Pas du tout *pokerface*
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Nikita Belinski

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